Le déclic est un classique de la bande dessinée érotique et, dans son édition originale, il comportait trois tomes. La relecture de l'intégrale éclaire encore ce jugement, s'il en était besoin. Les dessins en noir et blanc de Manara sont à la seule gloire de la femme, qui est certes rangée au rang d'objet sexuel, mais qui met tous les hommes à ses pieds. Surtout quand elle se déshabille si inopinément sous l'effet magique d'une petite boîte électronique dont on tourne le bouton à son insu. Elle abandonne alors tout comportement normal et sensé. Elle est envahie de désirs inavouables qu'elle se met illico à assouvir, sous les yeux stupéfaits du lecteur. On comprend alors que l'invention du docteur Kranz, détournée de son objet, attise la convoitise de tous les mâles, et de certaines femelles aussi, d'ailleurs.
On pourrait croire que toutes les femmes de Manara se ressemblent. Mais si on s'attarde réellement pour les observer, on perçoit aisément leurs subtiles différences, leur splendeur propre : mutines ou câlines, victimes ou bourreaux, toujours félines. Ce très beau livre est une ode à leur beauté dans le plus simple appareil, car ici les femmes sont toutes plus dévêtues les unes que les autres. À chaque page, leurs déhanchés affolants, leurs bouches gourmandes régaleront l'amateur, forcément esthète. Cet album est la réédition d'une précédente version publiée par Albin Michel BD en 1995, enrichie de nombreux dessins inédits.